«L'Infiniment Moyen», de Marc-Antoine Mathieu, un roman graphique de 2 cm x 3 cm à lire à la loupe

16 décembre 2025

Un article de Olivier Van Vaerenbergh pour Le Vif

Le dernier ouvrage de Marc-Antoine Mathieu mesure deux centimètres sur trois. Un vrai roman graphique
autour de l'infiniment petit, qui ne peut se lire qu'à la loupe, fournie par l'auteur.

« L'infini est, de toute évidence, immense, écrit l'auteur dans sa micropréface. Mais cela paraît moins vrai
quand il est minuscule. Il y a là une singularité que cet opuscule tente d'explorer, parmi d'autres curiosités. »
Dont acte : dans ce récit étrange mais reconnaissable immédiatement par tous ceux qui suivent l'œuvre de
Marc-Antoine Mathieu depuis sa série Julius-Corentin Acquefacques, un philosophe et un physicien glosent
sur le sujet de l'infini et sur les rapports entre immense et minuscule, dans un jeu de langage là aussi typique de l'auteur: « Au final, c'est quoi l'infini ? La non-réponse est dans votre oxymore ! » Un dialogue mi-savant, mi-amusé et plein, comme toujours, d'inventions graphiques et d'effets visuels saisissants, même s'ils ont cette fois la taille d'un ongle!

Car oui, réalisé à l'échelle, cet Infiniment Moyen tient avant tout de la performance plastique et artistique, et du (très) beau petit objet, mais n'oublie pas non plus, performance dans la performance, d'être un «vrai» récit dessiné à la main, avec de «vraies» cases (six par planche en moyenne!) et beaucoup de texte. Lisible
uniquement à la loupe (ou dans sa version numérique pour les tricheurs), cet essai minuscule mais majuscule, est à la fois unique en son genre et un parfait résumé, presque la quintessence, d'une carrière et d'une œuvre qui ont toujours exploré le fond autant que la forme du médium bande dessinée. Dans le genre, ce fumetto povero, conçu avec le minimum d'encre, de papier et d'espace, entre d'emblée au panthéon des livres-objets, section BD. A noter qu'il est vendu dans un coffret, lui-même joli, et contenant une loupe, le tout à un prix abordable (21,50 euros), l'ultime performance de cette performance.

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