De Gai-Luron à Superdupont, la BD de Gotlib dans une rétrospective pas pépère à Paris

13 septembre 2026

Un article de Malika Bauwens pour Beaux Arts Magazine

Un chien placide qui débite des proverbes tordus et une petite coccinelle. Bienvenue dans le monde de Gotlib ! Génie de l'humour grinçant en BD et cerveau du journal Fluide glacial, le dessinateur bénéficie d'une première rétrospective en galerie depuis sa mort en 2016.

Avant lui, la BD française carburait aux histoires bien peignées avec son lot de héros vaillants à l'humour de bon aloi. Quand Gotlib 1934–2016) débarque dans les années 1960 chez Pilote avec son personnage de Gai-Luron, un chien amateur de dicton, c'en est fini des histoires sages !
Avec Gotlib, on rit différemment, les adolescents – un nouveau lectorat – surtout. Devenu (plus) mûr, chacun regardera avec bonheur, dans cette rétrospective de la galerie Huberty & Breyne, des extraits des Dingodossiers ou de la Rubrique-à-brac, ces deux pages hebdomadaires où professeurs zinzins et mâles alpha en prenaient systématiquement plein la poire.

Trait satirique

Avenue Matignon, l'accrochage des planches frappe par la virtuosité du dessin à l'encre de Chine – jamais retouché ! – et la force du lettrage. Chez Gotlib, la lettre n'est jamais un simple support du gag – « elle hurle, elle tremble, elle danse selon l'émotion du moment », affirme Ronan Lancelot, directeur de Huberty & Breyne.

Pour esquisser le génie de Marcel Gottlieb, dit Gotlib, la galerie spécialisée dans la bande dessinée a voulu embrasser toute sa carrière. Après avoir faire rire les lecteurs de Pilote, Gotlib cofonde L'Écho des savanes. Puis dans les années 1970, il crée en solo Fluide glacial, qui lui servira jusqu'en 1988 – année où il raccroche les crayons – de laboratoire à son humour débridé et ses pires rejetons, Superdupont et Pervers Pépère. La satire sociale côtoie la dérision crue(lle).

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