Maurice Tillieux et le talent
27 mai 2026
Un article de Jean-Marc Panis pour Moustique
Les origines et les œuvres du créateur de Gil Jourdan exposées à la Galerie Huberty & Breyne, à Bruxelles.
Un col d'imper relevé qui dissimule mal un visage à la fois juvénile et circonspect. Une silhouette qui se faufile, tel un chat sûr de lui dans la nuit qu'une faible lune éclaire mal, pendant que la gomme des pneus d'un véhicule suspect laisse entendre un chuintement sourd sur un pavé humide.
C'est l'image que nous avons des cases, cinématographiques à souhait, de Gil Jourdan, le détective que Maurice Tillieux a créé en 1956 pour Spirou. Il y a, dans les seize albums de Gil Jourdan, un savant équilibre entre un casting éclectique et efficace, des intrigues sérieusement menées avec ce qu'il faut d'humour, et de second degré, le tout restitué dans des dialogues que Michel Audiard n'aurait pas désavoués. On raconte que Tillieux détestait les “humoristes” improvisés, qui riaient de leurs propres calembours… En secret, il notait leurs saillies, pour les ressortir via la bouche tordue du sidekick de Jourdan, Libellule.
Ce mélange d'humour et de sérieux sera la signature de ce Hutois, né en 1921, et disparu beaucoup trop tôt, en 1978, dans un accident de voiture. Tillieux voulait faire carrière dans la marine marchande, mais la guerre arrive, et le pousse ailleurs. Il se verrait alors bien romancier, écrit trois romans policiers, mais face au peu de succès, il devient assistant rédacteur dans divers magazines. Mais c'est à un phénomène géographique que le futur auteur de Gil Jourdan doit le tournant décisif de sa carrière. Le hasard, s'il existe, fait parfois bien les choses: à Auderghem, le voisin qui vient d'emménager dans la rue où réside le futur auteur se nomme Jean Doisy et exerce une profession très exotique en cet après-guerre: rédacteur en chef d'un magazine de bandes dessinées.
Un article de Jean-Marc Panis pour Moustique
Les origines et les œuvres du créateur de Gil Jourdan exposées à la Galerie Huberty & Breyne, à Bruxelles.
Un col d'imper relevé qui dissimule mal un visage à la fois juvénile et circonspect. Une silhouette qui se faufile, tel un chat sûr de lui dans la nuit qu'une faible lune éclaire mal, pendant que la gomme des pneus d'un véhicule suspect laisse entendre un chuintement sourd sur un pavé humide.
C'est l'image que nous avons des cases, cinématographiques à souhait, de Gil Jourdan, le détective que Maurice Tillieux a créé en 1956 pour Spirou. Il y a, dans les seize albums de Gil Jourdan, un savant équilibre entre un casting éclectique et efficace, des intrigues sérieusement menées avec ce qu'il faut d'humour, et de second degré, le tout restitué dans des dialogues que Michel Audiard n'aurait pas désavoués. On raconte que Tillieux détestait les “humoristes” improvisés, qui riaient de leurs propres calembours… En secret, il notait leurs saillies, pour les ressortir via la bouche tordue du sidekick de Jourdan, Libellule.
Ce mélange d'humour et de sérieux sera la signature de ce Hutois, né en 1921, et disparu beaucoup trop tôt, en 1978, dans un accident de voiture. Tillieux voulait faire carrière dans la marine marchande, mais la guerre arrive, et le pousse ailleurs. Il se verrait alors bien romancier, écrit trois romans policiers, mais face au peu de succès, il devient assistant rédacteur dans divers magazines. Mais c'est à un phénomène géographique que le futur auteur de Gil Jourdan doit le tournant décisif de sa carrière. Le hasard, s'il existe, fait parfois bien les choses: à Auderghem, le voisin qui vient d'emménager dans la rue où réside le futur auteur se nomme Jean Doisy et exerce une profession très exotique en cet après-guerre: rédacteur en chef d'un magazine de bandes dessinées.