Présentation

Andreas hante l'inconscient de la Bande Dessinée de ses illuminations depuis plus de trente ans.
Né en 1951, ce Maître allemand de la fantasmagorie vit ses cauchemars éveillés à travers des héros du paranormal, égarés aux frontières de mondes parallèles. Cromwell Stone, Rork ou Capricorne traversent des dimensions inconnues, passant de la couleur au noir et blanc.
Le trait d'Andreas fracture le gaufrier classique de la Bande Dessinée, dynamite les codes narratifs et fouette l'imagination pour emmener le lecteur vers de nouveaux horizons oniriques. L'auteur brouille les sens de lecture traditionnels, piège la rationalité et réinvente sans cesse l'art de raconter à la manière d'Howard Phillips Lovecraft ou d'Edgar Allan Poe.
L'artiste fait des pieds de nez à la relativité du temps, dont le principe est au coeur même de son oeuvre.
En 1978, à ses débuts dans le journal Tintin, la Bande Dessinée n'en avait que pour la couleur mais quand
À Suivre est venu remettre le noir et blanc à la mode, il a signé dans la revue ses Révélations posthumes avec François Rivière.
Orfèvre en hachures et cartes à gratter,  Andreas estime que les limites sont faites pour être dépassées. Habité par une force métaphysique, il renverse  les contraintes pour traverser des dimensions encore inconnues du 9e Art. Cet audacieux appartient à la race supérieure des créateurs capables de dématérialiser le récit. Les clés de son univers renvoient à d'autres mondes. Son graphisme surnaturel flirte parfois avec l'art abstrait.

Biographie

Né en 1951 à Weißenfels (DE). Vit et travaille en Bretagne (FR).

Né en Allemagne de l'Est, c'est en Belgique qu'Andreas se rend pour ses études en Bande Dessinée.
Il y suit des cours à l'Institut Saint-Luc et à l'Académie de Saint-Gilles (avec Eddy Paape) où il rencontre Philippe Berthet, Antonio Cossu et Philippe Foerster, avec qui il partage un temps un atelier.
Après quelques histoires courtes dans la presse, Andreas entame sa première oeuvre marquante dans les pages du journal Tintin : Rork. Il y développe le style unique qui fera sa réputation : de longues sagas où tout semble connecté, et planifié très longtemps à l'avance, en ésotérisme et aventure.

Créateur infatigable, Andreas aime créer des récits à énigmes, laisser des portes entrouvertes pour mieux les emprunter le moment venu. Lui-même lecteur exigeant, il conçoit ses séries comme autant d'invitations à la relecture, semant les indices et soignant les doubles sens de chaque dialogue. Andreas reste un des derniers tenants d'un feuilletonisme de grande qualité, pensé sur la durée. Après Rork et ses sept volumes, il entame en parallèle deux séries au long cours : Capricorne (20 volumes, Le Lombard) et Arq (18 volumes) qu'il termine respectivement en 2015 et 2017. Il signe depuis des récits plus courts.

Graphiquement, sa singularité est marquante. Si, aujourd'hui, il est fréquent de voir arriver des artistes issus d'une culture bédéphile cosmopolite, Andreas fait partie des pionniers ayant oeuvré pour ce métissage des genres. Marqué par les comics qu'il découvre lors de ses études bruxelloises, il en retire une approche graphique très influencée, à ses débuts, par l'immense Bernie Wrightson et, au-delà, ses « pères », les illustrateurs du début du XXe siècle. A mi-chemin entre ces travaux d'orfèvre et le trait traditionnel franco-belge pratiqué pendant ses études, Andreas a construit son propre système graphique et narratif.