Fanny MICHAËLIS Et c'est ainsi que je suis née
Présentation
Illustratrice, autrice de bande dessinée, dessinatrice pour la jeunesse et la presse, chanteuse et musicienne, Fanny Michaëlis est une artiste polymorphe dont le travail se déploie dans un constant aller-retour entre le réel et l'imaginaire, l'actualité et la poésie, le dessin et les mots. Dans Et c'est ainsi que je suis née, sa dernière bande dessinée (éditions Casterman), le dessin déborde la case, explore les marges, car Fanny Michaëlis conçoit la bande dessinée comme un véritable langage. Elle écrit par les images, dessine les mots et fait du médium un véritable champ d'expérimentations graphique et narratif. La galerie Huberty & Breyne, Paris | Chapon 21 est heureuse de présenter une sélection de planches originales à admirer du 24 janvier au 21 février 2026.
Fanny Michaëlis s'oriente vers la peinture et les arts plastiques avant de se former à l'Institut Saint-Luc à Bruxelles et de découvrir, grâce à des professeurs comme Eric Lambé, ou encore Thierry Van Hasselt, l'avant-garde graphique et narrative de la bande dessinée. Fanny Michaëlis s'empare alors de ce médium et de la possibilité d'en élargir les usages. Au fil de ses publications - Géante, Le lait noir (éditions Cornélius), l'autrice et dessinatrice impose son style et sa prose qui habitent la page dans une subtile harmonie. Avec Et c'est ainsi que je suis née, Fanny Michaëlis nous offre un livre aux allures de conte sombre, de fable politique et de chronique sociale, mettant en scène une femme recroquevillée qui, peu à peu, s'ouvre et se confronte au monde. Ce livre s'ouvre sur une scène de naissance d'une force symbolique saisissante : un père mutique dissimulé derrière sa barbe, une mère hurlante dont les yeux ont disparu derrière une bouche béante de laquelle naît une petite fille « retroussée », la tête à l'envers, que l'on suit dans sa prise de conscience politique. Dès l'origine, le corps est exposé, contraint, pris dans un rapport de force qui engage le regard de l'autre, la honte, l'angoisse et le désir d'exister. À travers ce récit, aux voix et écritures multiples, l'autrice aborde l'intime et collectif, l'individu et la société, tout en explorant la fragilité de l'existence et ce qui la conditionne. Le personnage principal, dont les traits du visage ne cessent de se modifier, incarne ce processus introspectif d'un sujet qui s'arrache à lui- même, glissant du moi au nous. La trajectoire individuelle devient le révélateur d'un conflit plus large, d'une violence qui se propage du corps de l'individu au corps social.
Le dessin de Fanny Michaëlis, en perpétuelle mutation, passe du minimalisme à la luxuriance, du réalisme à l'abstraction, de l'expressionnisme à des formes stylisées. Tantôt trait net, tantôt masse de gris estompée à la gomme, ligne cursive ou tracé rigoureux à la règle, le dessin rythme cette traversée dont la seule constante est la poésie, comme espace de résistance. Chez Fanny Michaëlis, le noir créé le blanc, et l'énergie de la matière devient porteuse de sens. Les corps se transforment, les têtes s'alourdissent, se disloquent, changent d'échelle et de perspective, jusqu'à n'être parfois plus qu'un signe dans ce qui apparait comme une chorégraphie visuelle. Des lignes - de force ou de fuite - se tendent pour organiser l'espace de la page dans des formes géométriques puis se plient, cassent, se recourbent ensuite pour laisser place aux débordements, aux décrochages, à l'improvisation du geste dans des traits expressionnistes. Le velouté du crayon s'intensifie, devient fumée de suie dans un trait qui crisse, gronde jusqu'au soulèvement final. Au fil des pages, la forme et le fond se mélangent, les phrases font partie intégrante de la composition de l'image et les mots prennent une place inédite. Les lettres sont dessinées, les formes écrivent, et le texte devient mouvement pour nous offrir une chorégraphie où la parole, les gestes et le dessin s'articulent parfaitement.
Cette exposition nous invite à admirer une oeuvre en mouvement, où chaque planche est un lieu de tension et de métamorphose, où le dessin pense, où le texte agit, et où le corps devient le terrain d'une lutte entre contrainte et émancipation.
VERNISSAGE
Vendredi 23 janvier 2026
à partir de 18h
en présence de l’artiste
CONCERT
de Ludovic Debeurme et Fanny Michaëlis
suivi d'une dédicace de Fanny Michaëlis
Samedi 24 janvier à partir de 18h
EXPOSITION
Du samedi 24 janvier
au samedi 21 février 2026
PARIS | Chapon - 21
21 rue Chapon 75003 Paris
Mercredi > Vendredi 13h30 - 19h
Samedi 12h - 19h